samedi 18 février 2017

INTERIEUR NUIT Marisha Pessl


 PROLOGUE
New-York, 2h32 du matin
Que cela nous plaise ou non, nous avons tous une histoire avec Cordova.
C’est peut-être une voisine de palier qui a trouvé un de ses films dans un vieux carton au fond de sa cave et, depuis, n’est jamais entrée seule dans une pièce obscure. Ou un petit ami qui s’est vanté d’avoir récupéré sur internet une copie pirate de la nuit tous les oiseaux sont noirs et après l’avoir regardée, a refusé d’en parler, comme s’il avait miraculeusement survécu à une épreuve atroce.
Quoique vous pensiez de Cordova, que vous soyez obsédé par son œuvre ou que vous y soyez indifférent, il provoque toujours une réaction. Il est une fissure, un trou noir, un danger indéterminé, une irruption permanente de l’inconnu dans notre monde surexposé. Il est caché, il rode, invisible, dans les recoins les plus sombres. Il gît au fond de la rivière, sous le viaduc du chemin de fer, avec tous les indices manquants et les réponses qui ne verront jamais la lumière du jour.
C’est un mythe, un monstre, un mortel.




Les gens ne se rendent pas compte à quel point c'est facile de changer de vie.
Il suffit de monter dans un car. 



Par une froide nuit d’octobre, la jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt abandonné de Chinatown. Même si l’enquête conclut à un suicide, le journaliste d’investigation Scott McGrath ne voit pas les choses du même œil.
Alors qu’il enquête sur les étranges circonstances qui entourent le décès, McGrath se retrouve confronté à l’héritage du père de la jeune femme : le légendaire réalisateur de films d’horreur Stanislas Cordova – qui n’est pas apparu en public depuis trente ans. Même si l’on a beaucoup commenté l'œuvre angoissante et hypnotique de Cordova, on en sait très peu sur l’homme lui-même. La dernière fois qu’il avait failli démasquer le réalisateur, McGrath y avait laissé son mariage et sa carrière. Cette fois, en cherchant à découvrir la vérité sur la vie et la mort d’Ashley, il risque de perdre bien plus encore…

Jouant avec les codes du thriller, incluant dans son récit des documents, photographies, coupures de journaux ou pages web, Pessl nous entraîne dans une enquête vertigineuse autour de Stanislas Cordova et de sa fille, deux êtres insaisissables attirés par l’horreur et le mal.
L’inventivité de l’auteure et son goût indéniable pour les pouvoirs de la fiction font penser tour à tour à Paul Auster, Georges Perec, ou Jorge Luis Borges. Avec son style maîtrisé et ses dialogues incisifs, ce roman, sous l’apparence classique d’un récit à suspense, explore la part d’ombre et d’étrangeté tapie au cœur de l’humain.



Note : 8/10

LE VIEUX QUI LISAIT DES ROMANS D'AMOUR Luis Sepulveda







Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. 
Il savait lire. 

Lorsque les habitants d'El Idilio, petite ville d'Amazonie, découvrent dans une pirogue le cadavre d'un homme blond assassiné, ils n'hésitent pas à accuser les Indiens (les Shuars) de meurtre. Le maire, surnommé la "limace", est l'un des plus virulents accusateurs. Seul Antonio José Bolivar, un vieil homme, déchiffre dans l'étrange blessure la marque d'un félin.

L'auteur évoque ensuite la vie d’Antonio José Bolivar Proano. À 13 ans, il se marie avec Dolores Encarnacion del Santisimo Sacramento Estupinan Otavalo. Ils partent en Amazonie. Dolores y meurt de la malaria.

Antonio devient ensuite l'ami des Shuars. Ils vivent paisiblement jusqu'à ce que des blancs investissent la forêt. Ils tuent deux Shuars pour voler l’or qui se trouve dans la forêt. Antonio défend les Shuars. Après cet incident, Antonio part pour El Dorado. Il va y acheter des romans d’amour .

Un matin de pluie, on entend des cris. Un deuxième homme est victime de la folie du tigre.
Quelque temps après , le maire d’El Idilio organise une expédition dans le but de tuer cet animal. Le maire, mort de peur, demande à Antonio de finir de traquer le tigre tout seul et de le tuer. Antonio accepte. Il traque la bête pendant plusieurs heures et arrive dans une clairière où il voit le mâle à l’agonie. Antonio comprend qu’il doit l’achever.

Une fois le mâle mort , il se réfugie sous une vieille pirogue. Au bout de quelques heures, il en sort, s’accroupit dans le sable et, à ce moment là, il voit la femelle qui court vers lui. Alors, il tire deux coups de chevrotine et tue la bête. Il pleure, et met l’animal dans le fleuve Amazone. Il jette son fusil, et se dirige vers sa cabane. Ayant honte de son acte de cruauté, et pris par la mélancolie, il repart lire ses romans d'amour pour oublier la "barbarie des hommes".


 Pour ce premier roman, Luis Sepúlveda a obtenu le prix Tigre Juan, le prix Relais H du roman d'évasion 92 et le prix France Culture étranger 92.


Note 7/10


WILD Cheryl Strayed



Lu sur Kindle



Résumé :
Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed boucle son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junkie, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, elle choisit de s'en remettre à la nature et de marcher. Elle part seule pour une randonnée de mille sept cents kilomètres sur le Chemin des crêtes du Pacifique, un parcours abrupt et sauvage de l'Ouest américain. Au fil de cette longue route, elle va surmonter douleurs et fatigue pour renouer avec elle-même et finalement trouver sa voie.
Franche, dynamique et un brin déjantée, Cheryl Strayed nous entraîne grâce à ce récit humain et bouleversant sur les chemins d'une renaissance.

jeudi 16 février 2017

NOS BEAUX DOUDOUS Stéphane Servant, illustré par Ilya Green

  Il me suivait partout.
J'étais né avec lui.
Je ne pouvais pas vivre sans lui.
Il n'avait pas de nom. C'était juste Doudou 


Jolie histoire très poétique. un petit garcon refuse de grandir et s'enfuit avec son doudou
Eloi a beaucoup aimé

mardi 14 février 2017

LES POETES MORTS N'ECRIVENT PAS DE ROMAN POLICIER Bjorn Larsson







Par une brumeuse nuit de février, l'éditeur Karl Petersén arrive, non sans quelques inquiétudes, dans le port d'Helsinborg, avec une bouteille de champagne et le contrat du poète Jan Y. Nilsson, qui vit à bord d'un bateau de pêche. L'éditeur l'a persuadé d'écrire un roman policier, futur best-seller, déjà vendu aux plus prestigieuses maisons d'édition d'Europe. Mais le poète acceptera-t-il de le signer? Se résignera-t-il à sacrifier sa réputation et à se plier aux lois du marché?
Lorsque Petersén découvre Jan Y. pendu, la réponse semble évidente. Le commissaire Barck, chargé de l'enquête, n'a aucun doute: les poètes ne se font pas assassiner, ils se suicident. Pourtant, les mobiles ne manquent pas...
A l'âge d'or du roman policier nordique, Björn Larsson signe ce qu'il appelle un "genre de roman policier", jeu littéraire raffiné et ironique sur l'essence même de l'écriture poétique et romanesque. Dans une pétillante satire du monde éditorial continuellement à la recherche du prochain succès, seul un policier-poète a l'expérience et la sensibilité pour saisir les vérités cachées derrière les apparences...




Björn Larsson est né en Suède en 1953. Navigateur chevronné, il a parcouru les mers du Nord de l'Ecosse à l'Irlande, du pays de Galles à la Bretagne et à la Galice. 4Maître de conférences en français à l'Université de Lund, traducteur, philologue et critique, il est également l'auteur de plusieurs romans. Long John Silver, paru en 1995, en a fait l'un des écrivains suédois contemporains les plus connus à l'étranger. En 1999, il est récompensé par le prix Médicis étranger pour Le capitaine et les rêves.
Source : Electre

SOUDAIN,SEULS Isabelle Autissier




Louise et Ludovic, un couple de sportifs, amoureux de l'aventure, décident de traverser le monde à bord de leur bateau. Ils accostent sur une île à la nature sauvage, au large de la Patagonie, entre cratères glacés et pics enneigés. Subjugués par la beauté des lieux, ils ne s'inquiètent pas des nuages noirs, au loin. Lorsque la tempête arrive, elle dévaste tout et leur bateau disparaît.


Première partie : robinsonnade très intéressante;
Deuxième partie qui concerne son retour  moins réussie.

Isabelle Autissier : ingénieur agronome, première femme a avoir réalisé un tour du monde à la voile en 1991, et  romancière.

MAINE Courtney Sullivan

 

Résumé :
Alice, 80 ans, s’apprête à vivre un dernier été dans le Maine, avant de céder la maison familiale. Cette demeure est chargée d’histoire : depuis plus de trente ans, chaque année, Alice y a passé ses vacances avec ses filles et l’ensemble de sa famille. Toute son existence de jeune immigrée irlandaise peut se lire sur ces murs, à l’exception de ce secret douloureux qui la ronge depuis de nombreuses années.
Ce dernier été sera celui des tensions et des explications. Alice, femme ultrasensible mais d’apparence froide, accueille pour une dernière fois sa fille rebelle (Kathleen, 55 ans), sa petite-fille enceinte et seule dans la vie (Maggie, 32 ans) sa belle-fille dévouée mais trop parfaite, (Ann Marie, 50 ans). Ce séjour va bouleverser les liens qui les unissent et leurs visions de la famille.

Courtney J. Sullivan décrit avec une grande justesse psychologique cette histoire familiale, dans laquelle trois générations de femmes parlent de leurs envies, de leurs doutes et de leurs regrets. Grâce à sa maîtrise des dialogues et son sens aigu de l’observation, elle dresse des portraits sans concession et inoubliables. Maine est un roman fort sur la famille, la transmission et la place de la femme dans la société depuis trois générations.

STATION ELEVEN Emily St John Mendel


Gros coup de coeur pour ce roman post apocalyptique, hymne à l'art,  à l'humanité
finaliste au National Book Award 2015
Emily St. John Mandel, née en 1979 à Comox en Colombie-Britannique, est une romancière canadienne anglophone, spécialisée dans le roman policier.


 
Résumé :
Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu Arthur Leander, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear.
Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…